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Devenir formateur : par où commencer sa reconversion ?

Devenir formateur : par où commencer sa reconversion ?

 

Vous êtes expert dans votre métier et l’envie de transmettre vous titille ? Voici ce que j’aurais aimé lire avant de me lancer et que je vous livre ici après 10 ans d’accompagnement de formateurs en reconversion.

 

Vous êtes infirmier, technicien, commercial ou manager depuis 10, 15, 20 ans. Vous avez accumulé une expertise métier solide.

Et depuis quelque temps, une idée revient :

 

« J'aime mon métier, je veux continuer à être en lien avec mon métier mais d'une autre manière. Je voudrais transmettre plutôt que faire. »

 

Mais entre cette envie et le passage à l’acte, il y a souvent une foule de questions sans réponses claires. Faut-il une certification ? Un diplôme ? Comment me lancer sans perdre mon emploi actuel ? Est-ce que mon expertise métier suffit pour être formateur d’adultes ?

 

Depuis 2015, j’accompagne des personnes exactement dans cette situation. Plus de 450 formateurs sont passés par mes formations, des débutants complets comme des professionnels expérimentés. Sophrologues, consultants QSE, kinésithérapeutes, techniciens, coachs, secouristes, managers… Des profils très différents, mais tous avec la même question : par où commencer ? Comment devenir formateur ou formatrice ?

 

Dans cet article :

Pourquoi l’expertise ne suffit pas - Ce qu’il faut savoir sur les certifications - La différence entre formateur occasionnel et professionnel - Les points communs de ceux qui réussissent - Les étapes concrètes pour démarrer en Bretagne

 


 

L’expertise métier ne suffit pas pour devenir formateur et, c’est une bonne nouvelle 😁

 

Commençons par une vérité qui dérange : être expert dans son domaine ne fait pas de vous un bon formateur.

 

J’ai vu des spécialistes brillants perdre leur groupe en 30 minutes. Leur erreur ? Faire un cours magistral, dérouler un PowerPoint, monologuer, au lieu de créer les conditions de l’apprentissage. Ils savaient tout sur leur sujet, mais ils ne savaient pas comment accompagner les participants à apprendre.

 

La bonne nouvelle, c’est que l’inverse est vrai aussi : vous n’avez pas besoin d’être le plus grand expert du monde pour former efficacement.

 

Ce qui compte c'est d'avoir :

  • une solide expertise dans son domaine
  • les compétences pour créer un espace temps avec les conditions nécessaires pour que les gens apprennent
  • les compétences pour adopter une posture de pédagogue pendant l'animation de cet espace-temps.

Et ça, ça s’apprend.

 

Le saviez-vous ?

En grec ancien, le paidagogos était un accompagnateur, pas un enseignant. Il guidait l’enfant vers le lieu du savoir. Le pédagogue n’est pas celui qui sait tout. C’est celui qui sait guider, accompagner les autres vers la connaissance (les savoirs, les savoirs-faire, les savoirs-être)

 

Selon moi, c’est exactement la posture équilibrée du formateur. Et adopter cette posture est un métier à part entière :

  • Comprendre comment un adulte apprend (spoiler : pas en écoutant passivement)
  • Savoir concevoir un déroulé pédagogique qui tient la route et qui permet d'adopter cette posture, pas juste empiler des slides et du contenu
  • Animer un groupe avec ses personnalités différentes
  • Gérer le participant difficile avec bienveillance et écoute
  • Évaluer si les apprentissages sont réellement transférables au poste de travail

 

Et j’insiste sur un point que je vois souvent mal compris :

La construction pédagogique est le vrai pilier, pas l’animation. Beaucoup de formations de formateurs se concentrent sur la posture corporelle, la gestuelle, l’occupation de l’espace. C’est utile, mais ce n’est qu'un tout petit bout de la partie émergée de l’iceberg. Si vos objectifs pédagogiques ne sont pas clairs, si vos activités ne sont pas adaptées, si vos évaluations ne sont pas pertinentes alors la meilleure animation du monde ne compensera pas.

Sans une construction pédagogique solide, impossible d'adopter une posture pédagogique équilibrée au service des apprentissages et des apprenant.e.s.

 

Et encore une bonne nouvelle lié à ce dernier point : il n’est pas nécessaire d’être un bon orateur pour être un bon formateur. Le plus important, c’est la qualité de ce que vous avez construit en amont. Le scénario pédagogique, c'est ce qui guide l'animation, la posture et le possible transfert des apprentissages.

 


 

Certifications et diplômes : ce qu’il faut vraiment savoir pour devenir formateur

 

Si vous commencez à chercher « devenir formateur » sur Internet, vous allez tomber sur un nombre impressionnant d’offres et de jargons du métier : RNCP, CCP, titre professionnel, Qualiopi, CPF… C’est un vrai maquis, et c’est peut-être l'une des premières raisons pour laquelle beaucoup de personnes renoncent ou se perdent dans ce maquis. 😅

 

Voici ce que vous devez retenir :

 

Il n’existe à ce jour, aucune obligation légale de diplôme pour exercer comme formateur en France.

 

N’importe qui peut animer une formation. En revanche, si vous voulez que vos clients puissent faire prendre en charge vos formations par les OPCO, FAF et autres financements collectifs de la formation vous aurez besoin soit d’être rattaché à un organisme certifié Qualiopi et donc d'intervenir en tant que sous-traitant, soit d’obtenir cette certification vous-même. Et précision importante, vous devez aussi être certifié Qualiopi en tant que sous-traitant pour un autre OF (Organisme de Formation) si vous intervenez sur une formation financée par le CPF (donc certifiante au RS ou RNCP).

 

Et même s'il n'existe aucune obligation légale de diplôme ou de certification pour exercer comme formateur, il me semble indispensable de suivre une formation de formateur pour apprendre les bases de l'ingénierie pédagogique et de la posture pédagogique. Cela me semble un indispensable. 

 

Le titre professionnel FPA : utile ou indispensable ?

 

Le titre professionnel FPA (Formateur Professionnel d’Adultes) est une reconnaissance sérieuse. Il est inscrit au RNCP, ce qui lui donne une valeur sur le marché. Pour certaines personnes, il apporte aussi un sentiment de légitimité qui aide à se lancer. J'ai moi-même suivi une partie de ce parcours (6 mois) pour obtenir à l'époque (ça date 😅, c'était en 2012) le certificat de compétences professionnelles (CCP) qui m'intéressait : c'était celui centré sur la construction pédagogique, l'animation et l'évaluation d'un parcours de formation.

 

Mais ce n’est pas le seul chemin. Beaucoup de formateurs exercent sans ce titre et construisent une activité solide en développant leurs compétences pédagogiques autrement par des formations courtes, de l’analyse de pratique, du mentorat, et surtout de la pratique terrain.

 

Depuis 2015, j'ai formé et accompagné plus de 450 personnes au travers de formation allant de 2 journées jusque 10 journées de formation.

  • 2 journées pour des formateurs occasionnels c'est parfois suffisant, même si c'est peu.😅 Tout dépend de votre point de départ.
  • Pour le parcours sur 10 journées (et avec beaucoup de travail personnel 😉), les apprenants passaient la certification pour obtenir le CCP (Certificat de Compétences Professionnelles 1) du titre FPA (Formateur Professionnel d'Adultes) et presque la totalité l'ont obtenue. 😁
  • Donc des parcours sur 4 à 8 jours de formations peuvent souvent être largement suffisant si vous n'êtes pas à la recherche d'un titre ou d'une certification.

 

Concrètement, voici comment je vois les choses :

  • Le titre FPA est pertinent si vous visez un emploi salarié dans un organisme de formation, ou si vous avez besoin d’un cadre structurant pour votre reconversion (stage, accompagnement long). Cet accompagnement long vous permet en parallèle de la formation de travailler sur votre projet professionnel à votre rythme.
  • Il n’est pas indispensable si vous êtes déjà expert dans votre domaine et que vous cherchez à acquérir les compétences pédagogiques de base pour animer efficacement en interne ou en indépendant.

 

Le plus important selon moi, c’est de construire une ingénierie pédagogique et une posture pédagogique solides et de pratiquer. Pas de collectionner des titres, diplômes et autres certificats. Mais parfois c'est titres ont un effet bénéfique pour certaines personnes sur leur sentiment de légitimité et c'est aussi un point important à prendre en compte. Donc la bonne réponse dépend de chacun, savoir s'écouter pour mieux décider.

 


 

Formateur occasionnel ou formateur professionnel : deux réalités très différentes

 

Avant de tout plaquer, posez-vous la question honnêtement : est-ce que je veux devenir formateur professionnel (en faire mon activité principale) ou formateur occasionnel (animer des sessions dans mon entreprise actuelle, en complément de mon poste) ?

 

Les deux chemins sont légitimes, mais ils n’impliquent pas les mêmes choix.

 

Le formateur occasionnel

Vous restez salarié.e.s,  vous formez vos collègues, les nouveaux arrivants, et/ou vous intervenez ponctuellement sur votre domaine d’expertise. Votre enjeu principal est très certainement d'apprendre à structurer une session, gérer un groupe, et sortir de la posture du « sachant ».

C’est un rôle de plus en plus stratégique en entreprise. Les RH cherchent à professionnaliser leurs formateurs internes - parce qu’un expert métier qui sait transmettre, c’est un atout irremplaçable pour la rétention des compétences. C'est un point essentiel pour nos entreprises multi-générationnelles.

Le formateur professionnel

Vous développez une activité entrepreneuriale, vous devez trouver des clients, répondre à des appels d’offres, réaliser des propositions de formations structurées, gérer de l'administratif (Qualiopi, devis, conventions, convocations, évaluations, BPF...). C’est un métier qui allie pédagogie et gestion.

Je vois régulièrement des indépendants - sophrologues, coachs, consultants... - qui veulent proposer des formations sans tomber dans le vieux schéma du PowerPoint et du monologue. Ils veulent offrir une nouvelle approche de la formation, une formation plus active, plus engageantes, mais ne savent pas comment faire.

 

Dans les deux cas, la construction pédagogique et la posture face au groupe font appel aux mêmes compétences. Et dans les deux cas, se former à ces compétences est un investissement qui change tout.

 


 

Ce que j’observe chez ceux qui réussissent leur reconversion en formation

 

Après 13 ans d’activité et des centaines de rencontres avec des formateurs en devenir, je remarque trois points communs chez ceux qui s’épanouissent dans ce métier.

 

Ils acceptent de ne pas tout savoir

 

Dire « je ne sais pas, cherchons ensemble » face à un groupe est plus puissant que de faire croire que l'on sait. Les apprenants sentent l’authenticité et, ils décrochent quand ils sentent que la posture n'est qu'une façade.

 

C’est d’ailleurs un principe que je retrouve en Communication Non Violente : l’authenticité crée la confiance. En formation, une posture bienveillante et honnête permet de créer un environnement « sécure » et, c’est dans cet environnement que les apprentissages se font le mieux. Les apprenants se sentent considérés, valorisés et de ce fait leur motivation et leur engagement augmentent, c'est ce qui va conditionner pour une grande partie l'impact de la formation.

 

Ils comprennent ce qu’est vraiment la pédagogie active

 

Beaucoup pensent que la pédagogie active se résume à « donner des activités aux apprenants et les laisser se débrouiller ». Mais ce n’est pas ça du tout, il s'agit là d'une erreur beaucoup trop fréquente à mon goût sur la représentation de la pédagogie active.

 

Il ne suffit pas de faire un jeu de rôles ou un exercice pour que la pédagogie soit active. Ce qui est important, c’est l’ordre dans lequel vous agencez vos activités. Donner la théorie puis faire un jeu de rôles, ce n’est pas une méthode active, le jeu de rôles devient juste une application de la théorie.

 

La vraie pédagogie active, c’est amener les apprenants à construire leur propre compréhension à partir d’une expérience, c'est les accompagner à réfléchir sur leur expérience pour ensuite en tirer une théorie ou une méthode qu’ils pourront appliquer en autonomie. La compréhension grâce à la réflexion mène à l’autonomie dans l’application. Ensuite, après la formation viendra le temps de l’entraînement, celui qui permettra d'ancrer durablement les nouvelles capacités et de les transformer en compétences.

 

Les formateurs qui réussissent sont ceux qui ont intégré cette logique dans leur manière de concevoir, pas juste dans leur manière d’animer.

 

Ils ne restent pas seuls

 

Le métier de formateur est souvent assez solitaire. Le formateur est souvent seul face au groupe, seul au moment de la conception. Rejoindre un groupe de pairs, participer à des analyses de pratique, échanger avec d’autres formateurs sur ses difficultés : c’est un élément important pour durer et rééquilibrer le quotidien entre solitude et soutien par ses pairs.

 

N’attendez pas d’avoir de l’expérience pour aller à la rencontre de vos pairs. C’est l’erreur que font beaucoup d’entre nous. Les réseaux et les groupes d’analyse de pratique sont précieux dès le début, pour apprendre, se rassurer, et ne pas réinventer la roue seul dans son coin.

Vous pouvez adhérer à des syndicats professionnels comme le SYCFI, CSFC ou participer gratuitement à des réseaux de soutiens entre pairs, de collaboration comme OF Connect ou des réseaux locaux dans votre région. Des groupes d'analyse de pratique en distanciel ou en présentiel sont aussi des bons moyens d'évoluer, de partager et de se sentir soutenu. L'essentiel est de pouvoir échanger, partager et s'entraider. 

 


 

Devenir formateur : par quoi commencer concrètement ?

 

Si vous lisez cet article, vous êtes probablement au stade de la réflexion. Voici les étapes que je peux vous recommander.

 

Étape 1 — Clarifiez votre projet

Formateur dans quel domaine ? Pour quel public ? En interne dans votre entreprise ou en indépendant ? Posez-vous ces questions avant de chercher une formation.

Et allez plus loin : votre projet est-il assez clair, ou avez-vous besoin de temps pour le travailler ? Création d’entreprise, recherche d’emploi, évolution en interne, complément d’activité… Ce ne sont pas les mêmes chemins. Plus votre projet est précis, plus il vous sera facile de trier et de choisir la formation qui vous convient.

Étape 2 — Formez-vous à la posture de formateur

Pas au contenu de votre expertise (vous l’avez déjà) mais à la conception pédagogique et à l'animation pédagogique pour former et accompagner des adultes. La pédagogie active, la gestion de groupe, la conception pédagogique, l’évaluation, c’est le socle.

Posez-vous aussi cette question : avez-vous besoin d’une certification pour vous sentir légitime, ou ce que vous cherchez avant tout, ce sont les bases et les méthodes clés pour vous lancer ? Les deux réponses sont valables. Mais ne confondez pas le besoin de compétences avec le besoin de diplôme, ce n’est pas la même chose.

Étape 3 — Pratiquez dès que possible

Proposez d’animer une session en interne, un atelier pour une association, une intervention pour un réseau professionnel. L’expérience terrain vaut plus que n’importe quel diplôme.

Toutes les occasions sont bonnes. Même en famille : proposez à vos proches de participer à un atelier que vous aurez construit. Vous apprendrez énormément sur votre manière de vous exprimer, de gérer le temps, de réagir à l’imprévu. Pensez aussi à vérifier si la formation que vous envisagez vous propose un temps de construction et d'animation d'une séquence pédagogique. 

Étape 4 — Entourez-vous

Trouvez un groupe de pairs, un espace d’analyse de pratique. Vous en aurez besoin pour progresser et pour ne pas vous sentir seul face à vos questions.

 


 

Devenir formateur en Bretagne : un écosystème favorable

 

L’écosystème de la formation professionnelle en Bretagne est dynamique. Les entreprises investissent dans le développement des compétences, et le réseau des formateurs indépendants est plutôt actif.

 

Depuis mon installation à Saint-Renan, dans le Finistère, j’ai vu des dizaines de personnes réussir leur transition vers le métier de formateur, certaines en venant de très loin de la pédagogie.

 

Ce qui les a aidées, ce n’est pas un parcours académique parfait. C’est d’avoir pris le temps de se former pour construire des compétences solides. Ils ont passé beaucoup de temps à rédiger des scénarios pédagogiques, à les tester et à les ajuster. Ils ont osé sortir des sentiers battus, essayer d’autres manières de former. C’est cette pratique régulière qui a fait grandir leur confiance et affiné leur posture professionnelle de formateur et formatrice.

 

La Bretagne offre aussi un avantage souvent sous-estimé : une taille de réseau humaine. Il est peut-être plus facile de se faire connaître, de tisser des liens avec les acteurs locaux, (indépendants, le SYCFI et le GREF Bretagne par exemple qui sont très actifs, la Région et les entreprises du territoire,...) et de construire une réputation solide que dans une grande métropole où la concurrence est plus diffuse.

 


 

Former est un vrai métier, et il s’apprend 😉

 

Si l’envie de former est là, ne la laissez pas de côté par manque d’information ou par peur de ne pas être légitime.

 

Vous n’avez pas besoin de tout maîtriser avant de vous lancer. Vous avez besoin d’apprendre à créer les conditions pour que les autres apprennent. Pas à être un bon orateur. Pas à tout savoir. Mais à guider, accompagner, concevoir. C’est un parcours exigeant et profondément enrichissant.

 

Et souvenez-vous : être pédagogue et formateur, ça s’apprend. Inspirez-vous des formateurs et formatrices qui vous ont marqué, formez-vous, pratiquez. La légitimité viendra avec l’expérience.

 


 

Vous envisagez de devenir formateur et vous cherchez un accompagnement concret ?

Je propose une formation de formateurs de 5 jours (35 heures) (4 jours en présentiel à Saint-Renan et 1 journée en e-learning, ou bien 5 jours (35 heures) en distanciel — classes virtuelles et e-learning à votre rythme) qui couvre l’ingénierie pédagogique, l’animation de groupe et la posture de formateur. Pas de prérequis.

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Vous êtes au tout début de votre réflexion ?

La page « Devenir formateur » regroupe tout ce qu’il faut savoir pour commencer.

Devenir formateur

 


 

À propos de l’auteur
Gwenaël Masson est formateur de formateurs et médiateur, fondateur de C’COM Formation et Médiation. Basé à Saint-Renan (Finistère), j'exerce depuis 2013 et j'accompagne depuis 2015 les professionnels qui souhaitent former avec impact en pédagogie active et en communication bienveillante.


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